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Journal : MOTO 2

Parution : Mars 2008

En plein boom dans la capitale, le transport de personnes à moto fait fureur et se développe à toute allure. Avec un trafic toujours plus dense en agglomération, les sociétés de taxis motos se frottent les mains, faisant la joie d’une clientèle soucieuse d’arriver à l’heure. Pour mieux comprendre l’évolution de ce nouveau mode de transport, nous avons rencontré l’une des sociétés les plus anciennes sur le créneau : Citybird.

En région parisienne, on est bien placé pour parler de taxis motos. Le trafic est souvent très chargé, voire saturé et les déplacements en voiture sont presque à proscrire. Même en heures creuses, alors que c’est censé rouler, impossible de garantir qu’on arrivera à temps pour sa réunion ou pour son avion. Pour peu qu’il y ait un accident sur le périphérique, on se trouve bloqué entre deux portes et c’est cuit !
Avec le taxi moto, finies les sueurs froides en s’imaginant qu’on va louper son rendez-vous, le temps de parcours est garanti. C’est d’ailleurs le premier argument de Cyril Masson, le patron de Citybird, qui propose ce service : « on garantit le temps de parcours en sachant qu’un deux-roues met deux à trois fois moins de temps qu’une voiture en période pointe ». Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le transport en taxi moto marche principalement quand il fait mauvais temps ! La raison, c’est là que le trafic est le plus difficile…

Une forte expérience, un maximum de services

Avec presque 5 ans d’existence, Citybird possède de sérieux atouts pour séduire le client. L’entreprise possède une importante flotte de véhicules, dans laquelle on trouve deux types de machines. D’un côté les maxi scooters Suzuki Burgman 650, faciles à manier, de l’autre la Honda Goldwing, chargée d’assurer les gros trajets autoroutiers.

AXA Assurance s’occupe d’assurer tous les véhicules et couvre le transport de personnes. En cas de pépin donc, tout le monde est couvert chez Citybird, ce qui n’est pas le cas partout. Les tarifs sont élevés et donc pas à la portée de toutes les sociétés. Les scooters appartiennent à la société et sont ensuite loués aux artisans contrairement à la Goldwing qui est achetée directement par l’artisan.

En participant à la lutte contre le réchauffement climatique, Cyril est fier de proposer des scooters qui ne rejettent que 125 g de CO2/km, soit presque deux fois moins qu’une voiture. Citybird propose aussi des parcours touristiques dans Paris : c’est pourquoi les pilotes bilingues seront appréciés, tout comme leur connaissance des monuments parisiens. « Nous sommes également en partenariat avec British Airways et TGV. Dans peu de temps, il y aura même un « totem » d’attente Citybird à la sortie des gares TGV afin que le client repère rapidement le chauffeur qui l’attend. », conclut-il fièrement.

Côté client

La course du jour

Christophe, ce chef d’entreprise, soucieux du temps comme beaucoup de parisiens, utilise Citybird pour tous ses déplacements en région parisienne.
Aujourd’hui, en pleine semaine, il doit se rendre de Boulogne à l’aéroport d’Orly. Il est arrivé devant le taxi à 11h14, il posait pour les besoins de la photo à 11h34, devant les halls de l’aéroport.

Son avis : « J’utilise le taxi moto plusieurs fois par semaine pour me rendre à l’aéroport. C’est bien pratique, je sors de chez moi, le chauffeur m’attend puis m’installe ma petite valise sur le top case. Le scooter est très bien, on est plaqué contre le dossier et assis confortablement. Je n’ai pas peur du deux-roues, c’est l’avantage d’être motard depuis 28 ans ! »

Témoignages

Sylvie, « j’envoie mon fils à l’école en taxi moto »
« Mon mari et moi avons déménagé à Neuilly-sur-Seine. Pour ne pas changer de collège, Paul, notre fils, utilise le taxi moto tous les jours pour aller et revenir de l’école. Pour les 5 km qui séparent notre domicile de sa classe de 6e située à Courbevoie, le trajet en voiture n’était pas pratique en pleine heure de pointe.

Avec le taxi moto, notre fils n’est pas obligé de se lever trop tôt et peut arriver à l’école en 12 minutes. C’est nous, parents, qui lui avons proposé ce mode de transport. Au départ, il a été un peu réticent, lui qui n’était jamais monté à moto, puis avec le temps, il s’y est fait et ça arrange tout le monde. Ça n’est pas très économique pour nous, mais ça nous facilite grandement la vie ! »

Thierry, « Sans Citybird, il me serait impossible d’habiter en banlieue »
« Je prends 3-4 trains et 2 à 3 avions par semaine. Ça me facilite la vie et le paiement par Internet est idéal. Avec tous mes déplacements professionnels, je n’aurais jamais habité à Versailles sans Citybird. J’apprécie beaucoup le scooter en ville et même sur autoroute, c’est super confort ! Une anecdote : un jour, j’ai appris à la dernière minute que je devais me rendre à Los Angeles, 24 heures avant de partir.

Mon passeport n’était pas valide. J’ai réussi à m’en faire délivrer un en express, mais avec toutes les pièces à fournir, il fallait que je retourne chez moi, revienne sur Paris en pleine heure de pointe, et que j’aille chercher mon nouveau passeport le lendemain à 10h pour un avion qui partait 1h30 plus tard. Eh bien j’ai réussi à décoller ! »

L’équipe

Cyril Masson, boss de Citybird, qui a créé l’agence il y a maintenant plus de 4 ans. A ce jour, son entreprise compte 43 834 trajets avec passager.
Pendant que Sandra s’occupe de l’administratif, Philippe dégaine les téléphones et gère sur informatique le planning des courses, qu’il « dispatche » aux chauffeurs fonction du lieu de départ… Sauf si le client a un chauffeur préférentiel !

Comment devenir chauffeur taxi moto ?

Tous ceux qui croient qu’il faut être un « pilote » pour être embauché dans une société de taxi moto, se trompent. Chez Citybird, devenir chauffeur passe obligatoirement par une charte comportementale qui garantit un service impeccable.

Cyril Masson, le patron, insiste : « On a un enjeu pédagogique afin de rassurer nos clients quand ils sont sur les deux-roues. Ils ne doivent pas avoir peur. On garantit un temps de trajet. Le but n’est pas d’arriver le plus vite possible, mais de respecter le temps de voyage prédéfini. Je pourrais mettre ma fille derrière un chauffeur de Citybird ! »

Pour Citybird, les premiers critères de recrutements sont :

  • permis moto depuis au moins 10 ans,
  • 5 ans d’assurance moto sans sinistre.

Ensuite, il y a deux types d’offres d’embauche, le salarié et l’artisan partenaire. Pour le premier, la rémunération est d’environ 1 350 euros net/mois. Pour le deuxième, après déduction des 25 % qui reviennent à Citybird, le revenu varie de 2 000 à 2 500 euros net/mois et plus en période de grèves.

Les chauffeurs sont généralement des anciens motards de la police nationale ou des motards de presse. Les coursiers correspondent « moins » au profil à cause de leur conduite jugée trop « musclée ».

Il faut avoir une bonne connaissance de Paris et de ses environs, sans pour autant connaître la capitale sur le bout des doigts, l’important est surtout de biens e repérer. Si l’entretien oral est favorable, vient ensuite l’épreuve pratique de 1h30.

C’est « Doudou », chauffeur maison, qui est chargé des évaluations sur route. Il laisse 15 minutes au candidat pour s’habituer au véhicule, puis lui confit trois adresses auxquelles il devra le conduire. Il pourra consulter un plan de Paris avant de partir. En route, il le jugera sur la souplesse et la neutralité de sa conduite. Moins il y aura d’à-coups, plus les accélérations seront linéaires, mieux ce sera !

Citybird en chiffres

  • Entreprise créée en 2003.
  • 1 million d’euros de chiffre d’affaires en 2007, > 70 % d’augmentation par an.
  • 12 pilotes professionnels.
  • Clientèle : 70 % d’hommes, 30 % de femmes.
  • 3 400 clients.
  • En contrat avec 130 sociétés dont British Airways, Avion et TGV.
  • 95 %µ de l’activité se fait en semaine.
  • 70 % de la clientèle n’est pas conducteur de deux-roues.
  • Un chauffeur parcourt entre 300 et 400 km/jour.
  • Service 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
  • Citybird, c’est 14 Suzuki Burgman 650 et 4 Honda Goldwing.

Client au chaud et au sec

Citybird est en partenariat avec la marque de vêtement moto Hein Gericke. Le client dispose donc d’une veste ¾ à membrane Gore-tex étanche et de gants en cuir. Les top cases permettent de transporter deux casques de la tailles différentes afin que le client ait un casque adapté.

Pour l’hygiène, chaque casque est équipé d’un Sanitête  jeté après chaque utilisation. Les casques sont équipés « bluetooth » pour permettre une liaison sans fil avec le pilote. Prochainement disponible en Goldwing, l’intercom permettra d’écouter de la musique et de recevoir ses communications sur son portable.

Les véhicules sont équipés de tabliers passager pour abriter les clients du froid et de la pluie. Les scooters sont munis de top case avec porte-bagages qui supportent une valise de 7 à 8 kg. Sur la Goldwing, le poids du bagage peut aller jusqu’à 10 kg.

On a testé la Gold’

Le soleil est au beau fixe : ça roule plutôt bien dans la capitale. La grosse Goldwing se fraye facilement son chemin dans le trafic très fluide. Tant que ça roule, tout va bien ! A l’arrière, c’est vraiment relax : je suis assis confortablement, les jambes bien dépliées malgré mon grand gabarit et les bras posés sur les enceintes, c’est royal ! Manque que les pop-corns et la TV.

Parfois, mon pilote met du temps à me répondre : normal, il conduit et reste avant tout concentré. Le poids du paquebot lisse beaucoup les accélérations et la protection au vent est irréprochable !

INTERVIEW de Jean-François « Doudou », chauffeur taxi moto

Moto 2 : « Depuis combien de temps travailles-tu chez Citybird ? »

Jean-François : « J’y suis depuis 2004, je suis un chauffeur interne à l’agence alors que les autres sont des artisans. L’ambiance est vraiment sympa entre nous. Etant l’un des plus anciens de Citybird, c’est moi qui suis chargé des tests pratiques que l’on fait passer à nos candidats. En parallèle, je suis motard pour les courses de vélo dont le Tour de France. »

Moto 2 : « Justement, chauffeur en taxi moto, c’est facile ? »

Jean-François : « Tout est relatif. L’important, c’est d’être très motivé. Il faut être prêt à rouler par tous les temps. Surtout quand il pleut. Bien sûr, il faut avoir une grosse expérience de la moto et être à l’aise en duo. Pour ce métier, il faut être avant tout passionné par le plaisir de conduire : ici, la moto n’est qu’un outil de travail. »

Moto 2 : « Et pour les pauses pipi, ça se passe comment ? »

Jean-François : « Heu…(rires). Quand on a du temps entre les courses, on passe à l’agence. Quand on fait des journées non-stop, soit on trouve des toilettes publiques en ville, elles sont gratuites, soit on profite de celles des aéroports ou des gares. »

Moto 2 : « Comment se passent les relations avec les taxis automobiles, surtout en ce moment ? » (manifs)

Jean-François : « Ça pourrait être mieux, beaucoup mieux ! On est d’accord avec leurs revendications, mais qu’ils ne s’en prennent pas aux motos ! Dernièrement, des chauffeurs de taxis  autos balançaient des œufs depuis un parc ! Pire encore, un collègue a pris une pomme de terre sur le pare-brise de sa Goldwing.

Ce n’est pas passé loin du casque. Ils ne se rendent pas compte des risques ! Une cliente de taxi moto s’était prise une pierre sur la jambe : c’est du grand n’importe quoi ! Une fois, j’ai même dû déposer un client bien avant les halls d’entrée d’Orly.

J’ai préféré ne pas risquer le conflit avec eux. Ils ont aussi piqué les clés d’un chauffeur, détérioré son deux-roues en finissant par lui mettre des baffes ! Ce n’est pas la guerre, mais certains abusent, même s’ils ne sont pas tous comme ça… »

Moto 2 : « Y a-t-il déjà eu un incident avec un passager ? »

Jean-François : « Sur toutes les courses que j’ai faites, non, il y a juste une fois où un automobiliste m’a coupé la route. On est tombé doucement, on a juste glissé et il n’y avait pas de bobos. Le mec a fait un délit de fuite. On a réussi à le rattraper : c’était un médecin généraliste bourré ! »

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